2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

2008-2010 : Dérives dictatoriales en Françafrique...

En Bref : les années 2008-2010 ont été marquées en Afrique par de nombreux putschs et élections truquées que la France a soutenus ou validés d’une manière ou d’une autre, entérinant ainsi le recul de la démocratie en Afrique

  • Si la France soutient moins ostensiblement par la force ses dictateurs amis en Afrique, elle continue à les soutenir de manière plus discrète mais tout aussi efficace, notamment en validant systématiquement les coups d’État et autres mascarades électorales sur le continent ;
  • Ainsi les premières années du mandat de N. Sarkozy ont été marquées par un soutien français plus ou moins affiché aux réélections manifestement frauduleuses de dictateurs historiques comme A. Bouteflika (Algérie), Z. Ben Ali (Tunisie) ou encore D. Sassou Nguesso (Congo-B.) ainsi que par la succession dynastique d’O. Bongo par son fils (Gabon) validée par une parodie d’élection entérinée par la France ;
  • En outre, la France a implicitement validé, voire ouvertement soutenu de nombreux coups de force et autres changements de régimes inconstitutionnels sur le continent. On peut citer sur cette même période les cas de la Mauritanie, de Madagascar, de la Guinée Conakry ou encore du Niger ;
  • Pour légitimer ces mascarades et normaliser ces différentes situations d’exceptions, la France s’appuie sur toute une série d’acteurs. Il y a d’abord les fameux observateurs internationaux, envoyés officiellement par l’UE, par l’OIF, ou directement par la France, parfois même de façon officieuse ou à la demande des autorités locales (comme au Congo-B.). En dépit des évidences, ces observateurs concluent invariablement au bon déroulement du scrutin...
  • La France s’appuie également sur le corps diplomatique (ambassadeurs), et sur les acteurs de la coopération internationale (ministère des Affaires étrangères et secrétariat d’État à la Coopération). La plupart du temps, l’aide à destination des pays « amis » est maintenue, malgré dans certains cas la suspension des aides européennes, ou l’exclusion de ces pays des instances multilatérales africaines ;
  • Enfin, la légitimation de ces régimes illégaux aux yeux de la communauté internationale passe également par le plus haut sommet de l’exécutif, à travers les déclarations des divers émissaires occultes, des conseillers Afrique, voire les déclarations et les visites officielles du chef de l’État lui-même.
En savoir plus sur le bilan françafricain de 2008-2010

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