2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

L’Aide Publique au Développement française

Loin des objectifs affichés de solidarité désintéressée, l’APD reste avant tout un outil de défense des intérêts stratégiques et économiques de la France sur le continent africain.

  • Conçue à l’origine par les américains, l’Aide Publique au Développement (APD) prend sa source dans la guerre froide (Plan Marshall). Elle est donc perçue dès le départ comme un instrument permettant de garantir l’influence et les intérêts économiques et politiques de ses promoteurs ;
  • Si l’APD Française est une des plus importantes en volume (0,44% du RNB, soit 8,6 milliards d’euro annoncés pour 2010), la composition de cet agrégat comptable a de quoi surprendre. L’APD comprend en effet les allègements de dette, les frais d’accueil des étudiants étrangers et des réfugiés, la promotion de la francophonie, ou encore l’aide technique militaire à des régimes parfois coupables de crimes contre l’humanité ;
  • En outre, la part directement affectée à la lutte contre la pauvreté reste minime ! Seuls 0,5% de l’APD totale serait directement consacrée au secteur de la santé, et seuls 1,5% à celui de l’éducation de base. Les dépenses directement affectées à la santé, à l’eau, à l’éducation de base, au renforcement des capacités de l’État et de la société civile et à la maîtrise démographique ne s’élèveraient pas au total à plus de 12% de l’APD française !
  • La multilatéralisation de l’APD, a priori souhaitable, se fait beaucoup plus au profit des Institutions financières internationales, (dont les politiques d’ajustement structurels ont conduit au démantèlement des Etats et des services publics africains), et des fonds européens dont la politique est parfois proche de ces institutions, plutôt qu’aux organismes Onusiens (PAM, PNUD, Unicef, Unesco, HCR, Cnuced, FAO et OMS qui se partagent moins de 10% de l’aide multilatérale française) ;
  • Enfin, l’évolution actuelle est préoccupante, car on assiste actuellement avec Nicolas Sarkozy et son Secrétaire d’État à la Coopération Alain Joyandet, au grand retour de la « coopération-business » la plus cynique et la plus décomplexée, comme le montrent les nombreuses déclarations de ce dernier affirmant le caractère prioritaire de la défense des intérêts français sur le continent.

« un pays est d’autant plus aidé par la France qu’il est riche de matières premières, l’aide française ayant tout l’air d’un lubrifiant de leur exploitation. » FX Verschave, Noir Silence (2000)

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