2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

La politique africaine de la France, un « domaine réservé » opaque et anti-démocratique

Malgré les promesses de rendre la politique africaine de la France plus transparente, celle-ci reste décidée à l’Élysée, en-dehors de tout contrôle démocratique et sous l’influence de multiples réseaux plus ou moins occultes :

  • Bien que ce principe ne figure pas explicitement dans la Constitution, l’usage veut que l’on considère les relations internationales comme relevant du « domaine réservé » du Président.
  • Compte-tenu de l’importance stratégique et économique de l’Afrique, la politique africaine est accaparée dès les indépendances par un triumvirat composé de l’Élysée, de l’État-major et du groupe pétrolier Elf ;
  • Tous les Présidents successifs se sont parfaitement accommodés de cet état de fait, nouant en toute impunité des relations personnelles, et parfois très profitables, avec les dictateurs africains ;
  • La politique africaine de la France est également soumise à l’influence de nombreux réseaux : services de renseignements, milieux politico-affairistes, économiques, voire mafieux ou sectaires ;
  • L’omnipotence présidentielle en matière de politique africaine est masquée derrière un enchevêtrement d’organes de décisions et de structures administratives censées intervenir sur ce champ (ministères des Affaires Étrangères, de l’Économie, de l’Immigration, secrétariat d’État à la Coopération, AFD, etc.), ce qui contribue à diluer les responsabilités et à renforcer l’opacité du système de prise de décision ;
  • Malgré la réforme de 2008, la Constitution ne donne toujours pas au Parlement les moyens d’exercer un réel contrôle sur la politique africaine de la France, d’autant plus que les parlementaires restent pour la plupart très timorés sur ce sujet, à l’image de la Mission d’information parlementaire sur la politique africaine de la France de 2008 dont les travaux ont soigneusement évités tous les sujets sensibles (soutien aux dictatures, corruption et détournements de l’aide etc.) ;
  • Le contrôle judiciaire est également très relatif, comme le montrent les incessantes tentatives d’ingérence de l’exécutif dans les différentes instructions et les décisions de justice concernant les affaires françafricaines (Biens Mal Acquis, Angolagate etc.) ;
  • En revanche, les actes de la présidence Sarkozy se sont inscrits dans une parfaite continuité avec la politique africaine de ses prédécesseurs (soutien inconditionnel et unilatéral aux dictateurs et aux mascarades électorales, réactivation des réseaux occultes, priorité à la défense des intérêts économiques français).
Nos revendications complètes pour la fin du domaine réservé sur la politique africaine de la France

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