2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Le franc CFA, un outil de contrôle politique et économique sur les pays africains de la zone franc

Hérité de la colonisation, le système monétaire du FCFA prive les pays africains de la zone de leur souveraineté monétaire et sert avant tout les intérêts économiques de la France :

  • Destiné dès l’origine à faciliter l’exploitation des ressources et le commerce avec les colonies, le franc CFA est le seul système monétaire au monde à avoir survécu à la décolonisation ;
  • Malgré les indépendances, la France garde grâce au franc CFA la mainmise sur la politique monétaire des pays de la zone qui subissent les choix économiques et monétaires dictés par les intérêts économiques français, comme l’illustre notamment la dévaluation de 50% du franc CFA décidée unilatéralement par la France en 1994 ;
  • A l’heure actuelle, la zone franc englobe les anciennes colonies françaises d’Afrique subsaharienne, à l’exception de la Guinée Conakry, de Madagascar et de la Mauritanie, et auxquelles sont venues s’ajouter la Guinée-Équatoriale et la Guinée-Bissau en 1985 et 1997 ;
  • Cette organisation s’appuie sur 3 banques centrales africaines : la Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la Banque des États d’Afrique Centrale (BEAC), la Banque Centrale des Comores (BCC). Les statuts de ces institutions garantissent la présence d’administrateurs français au sein de leur conseil d’administration ce qui confère de fait à la France un pouvoir de véto sur toutes leurs décisions ;
  • L’obligation pour les banques centrales de la zone de déposer au moins 50% de leurs réserves de change sur des comptes d ’opérations du Trésor public français prive les États concernés d’autant de ressources financières, et seule une partie des intérêts (comptabilisée dans l’APD française !) leur est rétrocédée ;
  • En outre, la parité fixe du franc CFA avec le franc, et aujourd’hui avec l’euro, entrave la compétitivité des pays de la zone, en particulier dans le contexte actuel d’un euro fort qui renchérit le coût des exportations africaines ; -* Enfin, la libre convertibilité franc CFA/euro et la libre circulation des capitaux facilite les investissements français en Afrique et l’importation de matières premières au profit de la France, mais bloque les échanges inter-africains. Ces principes facilitent également la fuite de capitaux de l’Afrique vers la France.
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