2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Nicolas Sarkozy et la Françafrique

Malgré les promesses de rupture, les premières années du mandat de Nicolas Sarkozy démontrent la continuité, voire le regain d’une Françafrique désormais décomplexée

  • Les discours du candidat Sarkozy furent marqués par un certain volontarisme quant à la nécessité de rompre avec les liens néocoloniaux de la Françafrique, et de bâtir une relation renouvelée entre la France et l’Afrique ;
  • Pourtant, le constat est aujourd’hui sans appel, comme le montre notamment la poursuite du soutien éhonté apporté par la France à ses « régimes amis » sur le continent africains, qui comptent parmi les tyrannies les plus redoutables du continent (Gabon, Congo-B, Cameroun, Togo, Centrafrique, Djibouti, Libye, Tunisie...) ;
  • Sur le plan institutionnel, la politique africaine reste essentiellement décidée à l’Elysée, en-dehors de tout contrôle démocratique, et sous l’influence de réseaux occultes et d’intermédiaires officieux (Bourgi, Balkany) ;
  • Les interventions militaires, comme le soutien apporté au dictateur Tchadien Déby en 2008, sont toujours exemptes de tout contrôle parlementaire effectif, malgré les avancées bien timides de la réforme constitutionnelle de juillet 2008 ;
  • La politique de coopération de la France est désormais plus que jamais marquée par la volonté affichée de défendre coûte que coûte les intérêts économiques français sur le continent (Total, Bolloré, Areva etc.) ;
  • En outre, les discours et les actes du président Sarkozy sont empreints d’une idéologie essentialiste et révisionniste, vantant les mérites de la colonisation et enfermant l’ « homme africain » dans un cliché culturaliste voire franchement raciste (Discours de Dakar, débat sur l’identité nationale etc.) ;
  • Le bilan de la politique africaine de Sarkozy est donc accablant, et laisse craindre le pire quant aux années à venir, d’autant plus que la France a pris cette année l’initiative d’organiser des « célébrations concertées » du cinquantenaire des anciennes colonies africaines de la France.
En savoir plus sur Nicolas Sarkozy et la Françafrique

Mentions légales - Un site de l'association Survie, réalisé avec Spip par Deor, graphisme par Sébastien Marchal