2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Que fait l’armée française en Afrique ?

Malgré les discours de rupture, l’armée française demeure fortement présente dans ses anciennes colonies africaines

  • Dans le domaine militaire, comme dans les autres domaines de la politique africaine de la France, Nicolas Sarkozy avait promis de rompre avec l’ingérence et le soutien aux dictatures ;
  • Les arguments avancés pour étayer cette « rupture » supposée sont notamment la multilatéralisation des interventions françaises dans un cadre européen et la recherche plus systématique d’un mandat de l’ONU, et le « renforcement des capacités africaines de maintien de la paix » (RECAMP) ;
  • Mais depuis sa prise de fonction à l’Elysée, les faits disent le contraire, comme l’a notamment démontré l’intervention unilatérale française au Tchad pour soutenir le régime criminel d’Idriss Déby, menacé par une rébellion en février 2008 ;
  • Dans le cadre Onusien, comme dans le cadre européen, la France ne cherche en réalité qu’à acquérir une nouvelle légitimité, à réduire les coûts, et à masquer ses intérêts, comme l’ont montré les exemples du Rwanda (1994), de la Côte d’Ivoire (2002) ou de l’intervention de l’Eufor au Tchad et en RCA (2008-2009) ;
  • Le label RECAMP est censé illustrer la volonté française d’appuyer l’autonomisation des armées africaines en matière de maintien de la paix, mais le détail du dispositif semble indiquer qu’il s’agit essentiellement pour la France de conforter son influence et de fournir une nouvelle légitimité au maintien de ses bases sur le terrain ;
  • La rupture est également inexistante en matière de contrôle parlementaire qui continue à ne s’exercer qu’a posteriori et uniquement sur les interventions les plus longues (et alors que les interventions secrètes ou clandestines des forces spéciales demeurent exemptes de toute forme de contrôle) ;
  • Dernier signe fort de cette « rupture » supposée, la renégociation des principaux accords de défense et leur publication annoncée par Sarkozy devrait intervenir cette année. Mais l’impact d’une telle réforme sera de toute façon très limité, compte tenu du nombre d’accords militaires secrets aux statuts variés, qui eux ne sont concernés ni par une renégociation, ni par une publication.
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