
Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...
Jusqu’à sa nomination comme Secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet n’avait aucun lien particulier avec l’Afrique. Cet entrepreneur de la presse et de l’édition a un parcours politique essentiellement local : maire de Vesoul et député de la haute Saône il sera nommé secrétaire des fédérations de l’UMP de 2002 à 2008.
Sa méconnaissance de la coopération et de l’Afrique choque à chaque interview. Tout juste nommé, il déclare : « J’ai créé ma première boîte à 24 ans, sans un rond, c’était bien plus compliqué de faire cela que de s’occuper de l’Afrique ! ». Interrogé sur les droits de l’Homme il répond : « J’ai des convictions mais je veux aussi défendre notre pays et ses parts de marché. »
Sur la coopération, les objectifs sont clairs « Il faut renforcer l’influence de la France, ses parts de marché, ses entreprises. Ne pas avoir peur de dire aux Africains qu’on veut les aider, mais qu’on veut aussi que cela nous rapporte. ». Dans les faits, M. Joyandet se comporte surtout en VRP des entreprises françaises auprès des dictateurs françafricains, y compris en Lybie où il a été le seul représentant officiel des pays occidentaux pour l’anniversaire des 40 ans de règne de Khadafi. Sa principale innovation : la volonté de créer « un Bingo pour l’Afrique » sonne comme une provocation quand on connaît l’implication des réseaux Pasqua dans les jeux de hasard africains.
Au final, Joyandet apparaît principalement comme un gage de confiance et de continuité apporté aux dictateurs africains par Sarkozy pour calmer la colère de ceux-ci suite à la nomination du trop véhément Jean-Marie Bockel qui affirmait vouloir « signer l’acte de décès de la Françafrique ». La cérémonie d’adoubement par feu Omar Bongo à laquelle s’est soumis Joyandet (chaperonné par Claude Guéant) lors de sa prise de fonction est édifiante quant aux rapports entre le nouveau Secrétaire d’Etat à la Coopération et les dictateurs françafricains.
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