
Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...
Né à Grasse, Charles Pasqua entre d’abord chez Ricard, où il devient en 10 ans le n°2 du groupe en charge des exportations. Il bâtit par la suite sa carrière politique dans les Hauts-de-Seine. Entré dès 1947 au RPF, il participe en 1959 avec Foccart à la création du SAC, la police politique de De Gaulle. Proche de Chirac, il participe à la fondation du RPR en 1976, et sera ministre de l’Intérieur sous les gouvernements Chirac et Balladur. Son soutien à Balladur en 1995 lui vaut d’ailleurs d’être écarté du premier cercle des chiraquiens, tant et si bien qu’il crée en 1999 son propre parti souverainiste, le RPF.
Pourtant, Pasqua fut le pilier central de la politique françafricaine de Chirac - avant de tenter sans succès de devenir calife à la place du calife,. Dès 1970, il dispute à Foccart une partie des réseaux françafricains. Il les développera en accentuant les passerelles avec la mafia corse et le Proche-Orient, qui compte beaucoup d’expatriés en Afrique.
Impossible d’énumérer toutes les affaires que ses adversaires ont contribué à révéler par presse interposée. Citons seulement la fourniture d’armes à des régimes comme le Soudan raciste ou le Zaïre de Mobutu ; l’approvisionnement de la guerre civile en Angola ; les montages financiers avec ses amis d’Elf ; ou encore le développement du monopole corse sur le secteur très juteux des jeux, paris et casinos en Afrique.
A ce niveau on ne parle plus de casseroles, mais d’une véritable batterie de cuisine, dont les suites judiciaires sont pourtant bien timides. Mais l’impunité du respectable sénateur des Hauts-de-Seine semble peu à peu prendre l’eau.
Les jugements défavorables se multiplient : condamnation confirmée en appel pour financement illégal de sa campagne européenne de 1989, et surtout condamnation à un an de prison ferme dans l’affaire de l’Angolagate. Ce pourrait n’être qu’un début, puisque Pasqua doit comparaitre en 2010 devant la Cour de Justice de la République en sa qualité d’ancien ministre pour trois affaires dont celle de la Sofremi, société d’exportation d’armes dépendant du ministère de l’Intérieur. Il est également toujours mis en examen dans l’affaire franco-irakienne « Pétrole contre nourriture ».
Et dire qu’il réclamait fin 2009 la levée du secret-défense...
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