
Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...
Actuel bras droit de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant partage avec ce dernier le même mentor : Charles Pasqua.
Celui-ci l’appelle en effet à ses côtés comme directeur adjoint de cabinet au Ministère de l’Intérieur, puis comme directeur général de la police nationale, quelques semaines seulement avant les attentats islamistes de 1995.
L’énarque y établit déjà un épais carnet d’adresses avec les services français et étrangers. Il le complètera dès 2002, rappelé Place-Beauvau par le ministre Sarkozy, sur conseil de Pasqua. Dés lors, il ne sortira plus de l’ombre de Nicolas Sarkozy, jusqu’à l’Élysée où il obtient naturellement le poste stratégique de Secrétaire Général. Rapidement, il enfile le costume d’un illustre prédécesseur : un haut-fonctionnaire dit de lui qu’il « a désormais la haute main à la fois sur les questions africaines et sur celles de renseignement. Comme du temps de Jacques Foccart ».
Lorsque les journalistes s’étonnent de sa bouillonnante activité diplomatique, Guéant minimise : « ça a toujours été comme cela, non ? » . Car, comme son patron, Guéant est omniprésent, y compris sur la politique étrangère, multipliant discrètement les rendez-vous parisiens avec les chefs d’État ou leurs émissaires (dont l’influent Robert Bourgi) et les voyages en dehors de tout agenda officiel. Au point d’en agacer les diplomates : « Ses virées, on les découvre par hasard au cours des réunions. Ou jamais ».
Celui pour qui « nous n’avons pas vocation à nous brouiller avec ceux qui sont historiquement nos amis et nous ont rendu de grands services », a peu à peu fait remplacer les diplomates « rénovateurs » de l’Élysée par des tenants des réseaux françafricains qui lui sont acquis.
Omnipotent de la politique africaine de la France, il est directement intervenu pour négocier la libération des infirmières bulgares en Libye, recoller les morceaux avec l’Angola suite à l’Angolagate, coordonner les efforts commerciaux de ventes d’armes, maintenir « l’amitié » élyséenne avec le Gabon des Bongo père et fils, rétablir les relations diplomatiques avec le Rwanda… sans oublier ses liens permanents avec les putschistes mauritaniens et malgaches, ainsi assurés du « soutien de la France ».
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