
Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...
La carrière politique de Jacques Toubon démarre avec l’arrivée de Jacques Chirac à Matignon. En 1976, Toubon participe à la fondation du RPR dont il deviendra le secrétaire général en 1984. En 1981, il est élu député puis, en 1983, maire du XIIIè arrondissement de Paris. De 1993 à 1995, il est ministre de la Culture, et dès l’élection de Jacques Chirac en 1995, il devient Garde des Sceaux jusqu’en 1997.
Il recevra à ce titre une lettre « indignée » du ministre de la Justice belge à propos des fréquents séjours en France du colonel Bagosora, cerveau du génocide rwandais. Loïc Le Floch Prigent l’accusera même de lui avoir demandé de ne pas répondre à la convocation de la juge Éva Joly le 4 juillet 1996, en pleine instruction de l’affaire Elf.
Depuis 1993, Toubon préside le « Club 89 », une instance Gaulliste, véritable concentré de Françafrique, animé par Robert Bourgi et financé par les amis dictateurs africains, comme l’a montré en 1998 l’arrestation à Roissy du porteur d’une valise de billets en provenance du Gabon et destinée à ce « club »... Le porteur et sa précieuse mallette seront d’ailleurs libérés sur ordre de l’Élysée !
En 2009, Jacques Toubon a également été observateur de l’élection présidentielle du Congo Brazzaville. Fin connaisseur des élections françafricaines, après la victoire de Sassou Nguesso, il commente : « Beaucoup d’urnes n’étaient pas fermées, faute tout simplement de cadenas (...) il est probablement plus difficile d’avoir des cadenas à Brazzaville qu’à la Samaritaine à Paris ». Toujours selon Toubon « ce sont des élections qui correspondent à l’état de la démocratie dans un pays comme le Congo ».
Fidèle Chiraquien, Jacques Toubon semble avoir réussi son passage à la Sarkozie : il a en effet été nommé président de la mission interministérielle « Afrique 2010 », qui a notamment pour but de célébrer « Une décolonisation qui s’est faite (...) par consentement mutuel. Une indépendance pleine et entière d’États souverains secondés par la France ».
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