2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Nicolas Sarkozy

« Nous ne soutiendrons ni les dictateurs ni les pays dirigés par des régimes corrompus ». Si le programme électoral sur lequel s’est fait élire Nicolas Sarkozy étendait la volonté de rupture aux relations franco-africaines, les actes posés depuis son élection ont rapidement relégué ces promesses au rang de vœu pieux.

Ainsi, outre la poursuite inconditionnelle du soutien économique, diplomatique et militaire aux dictateurs « historiques » du pré-carré français (Biya au Cameroun, Compaoré au Burkina-Faso, Déby au Tchad, ...), l’Élysée a activement soutenu les putschs survenus en Mauritanie et à Madagascar, validé la réélection frauduleuse de Sassou Nguesso au Congo et le coup d’État constitutionnel de Mamadou Tandja au Niger, ou encore le coup d’État électoral et dynastique d’Ali Bongo au Gabon.

Rien de très étonnant de la part d’un héritier des réseaux politiques de Charles Pasqua, intime du sulfureux Patrick Balkany et des prédateurs françafricains Martin Bouygues et Vincent Bolloré : pour lui, la défense de la démocratie et des droits de l’Homme pèse en effet bien peu face à la préservation de l’influence économique et stratégique française...

L’imprégnation “françafricaine” de Nicolas Sarkozy ne se mesure pas qu’à ces attitudes complaisantes vis-à-vis des dictateurs et des entreprises. Elle est également mesurable à l’aune des discours tenus à l’égard de l’Afrique et des Africains. La criminalisation de l’immigration, le rejet de la repentance, le regard paternaliste et les relents racistes du discours de Dakar, ou encore la culpabilisation des Africains, qui seraient seuls responsables de leurs malheurs, sont au cœur de la réthorique sarkozienne.

Seule spécificité de la politique françafricaine de Sarkozy, son caractère « décomplexé », c’est à dire éhonté, qui le pousse notamment à décorer de la légion d’honneur Robert Bourgi et et Ali Bongo, ou encore à garantir au dictateur angolais Dos Santos qu’aucun de ses compatriotes ne sera poursuivi dans le cadre du procès de l’Angolagate afin de faciliter l’accès de Total au pétrole angolais...

Dernière trouvaille : une « réunion de famille » avec les dictateurs africains pour célébrer sur les Champs-Élysées le cinquantenaire des « indépendances » le 14 juillet 2010.

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