2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Robert Bourgi

Né en 1945 à Dakar, Robert Bourgi est le fils d’un riche commerçant libanais. Après une expérience de professeur coopérant en Afrique, Bourgi se rapproche, par l’intermédiaire de son père, du sulfureux Jacques Foccart. Celui-ci l’introduit dans le cercle très fermé des dirigeants africains et des cadres du RPR.

Dans les années 80, il devient ainsi conseiller de Jacques Chirac à la mairie de Paris puis du ministre de la coopération Michel Aurillac. C’est grâce à son aide que Jacques Toubon prend le contrôle des Clubs 89, un satellite du RPR devenu un véritable creuset françafricain. A la mort de Foccart, en 1997, il gagne en influence, Chirac lui confiant la mission d’initier Dominique de Villepin à l’Afrique...

Avant la présidentielle de 2007, Bourgi « lâche » les Chiraquiens, pour rejoindre Sarkozy. Lors de la cérémonie d’investiture du nouveau président, Bourgi est dans le cercle réservé à la famille et le 27 septembre 2007, il reçoit la légion d’honneur des mains de Nicolas Sarkozy, son « ami de 24 ans ».

Sur l’éviction du secrétaire d’Etat à la Coopération J.M. Bockel, déclassé en 2008 pour avoir voulu « signer l’acte de décès de la Françafrique », Bourgi explique d’une manière remarquablement décomplexée : « Je suis allé voir le Président [...] et je lui ai passé le message ferme et voilé de menaces du Président Bongo. Il m’a dit : écoute, dis à Omar et aux autres chefs d’État que M. Bockel partira bientôt et sera remplacé par un de mes amis. Ce nouveau ministre prendra ton attache, [...] tu l’initieras à l’Afrique ». 

A la veille de l’élection gabonaise de 2009, Bourgi, qui appellait Omar Bongo « papa », déclarait : « Au Gabon, la France n’a pas de candidat mais le candidat de Robert Bourgi c’est Ali Bongo, or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy ». Et c’est vrai : Bourgi est bien devenu l’un des principaux hommes d’influence de la Françafrique décomplexée.

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