2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Les acteurs françafricains

Bénin

(Thomas Yayi Boni)

Lorsque le Dahomey accède à l’indépendance en 1960, il connaît une succession de régimes militaires. L’arrivée de M. Kerekou au pouvoir en 1972 et l’instauration d’un régime à doctrine marxiste-léninisante n’est pas pour plaire à la France, qui tente de le déstabiliser en janvier 1977. L’ « opération Crevette » menée sous la houlette de Bob Denard, s’avèrera un fiasco. Kerekou se maintiendra à la tête du Bénin.

En 1990, une Conférence nationale souveraine impose la démocratie à Kerekou. Un nouveau président est démocratiquement élu, Nicéphore Soglo. Kerekou lui succède en 1996 au terme d’un scrutin présidentiel controversé. Malgré le retour aux affaires d’un partie des piliers de l’ancien régime, une nouvelle génération de politiques a émergé.

Kerekou, un peu en retrait du jeu françafricain, est resté un acteur régional important. En mars 2006, Thomas Boni Yayi lui a succédé au pouvoir, à l’issue d’une élection a priori transparente. Après trois ans d’exercice du pouvoir, le bilan est peu reluisant. Jusque là admiré pour son respect des libertés civiles, le Bénin a connu un recul net en matière de démocratie : escalade des violations de libertés, en particulier de la liberté de la presse et la liberté syndicale, et multiplication des affaires de corruption.

Le Bénin est également le nouveau terrain d’implantation d’un géant du business françafricain : le groupe Bolloré. En août 2009 Bolloré a obtenu la concession pour 25 ans du Port Autonome de Cotonou, entendant le rendre aussi puissant que le port de Lagos au Nigéria, géant anglophone voisin. Un objectif qui sera probablement atteint grâce à l’augmentation des exportations d’uranium du Niger : Areva a en effet commencé à y exploiter la mine gigantesque d’Imouraren au printemps 2009 et Cotonou s’avère être le principal port de transit pour ses exportations, en particulier vers ses usines d’enrichissement françaises...

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