
Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...
En 1975, la France opte pour une autodétermination île par île plutôt que pour l’ensemble de l’archipel comme l’exige le droit international. Terrorisant les électeurs et truquant les résultats, elle arrache illégalement Mayotte aux Comores (acte condamné par une vingtaine de résolutions de l’ONU), qui deviennent alors une base pour les trafics les plus troubles du gratin françafricain : jeux, prostitution, armes, mercenariat… le soutien français à de telles opérations est édifiant.
Deux hommes ont parrainé les putschistes successifs, au nom des intérêts françafricains. Le premier est le mercenaire Bob Denard qui a fait et défait les pouvoirs locaux durant la première phase de sabotage politique, de 1975 à 1995, menant même en personne un assaut meurtrier contre le président Abdallah en 1989. Protégé de Foccart, il a créé, avec l’aide du régime sud-africain d’apartheid, la Garde Présidentielle, auteure de tant d’exactions. Le second est Jean-Yves Ollivier : plus proche du centre du pouvoir politique français, il a entre autres servi de relais dans un vaste trafic d’armes, « troquées » contre du pétrole iranien...
En 1997, alors que Bob Denard est écarté des Comores, les îles d’Anjouan puis de Mohéli se déclarent indépendantes, poussées par un lobby français : cette multiplication des conflits internes, proches parfois de la guerre civile, accable un peu plus la population. Le colonel Azali, formé à Paris, prend le pouvoir en 1999 et change la constitution en 2002. Chaque île a son propre président, mais Azali dirige l’Union fédérale jusqu’en 2006. La première élection présidentielle libre a alors lieu, et le religieux Ahmed Abdallah Sambi l’emporte loin devant le favori du président sortant.
Depuis, Nicolas Sarkozy a personnellement assuré l’impunité du dictateur de l’île d’Anjouan, le colonel Bacar, délogé par l’UA en 2007. Cela éclaire rétrospectivement le rôle central de la France dans la seconde phase de sabotage politique , à partir de 1997 : le séparatisme, dont Bacar fut un maillon important. En mars 2009, la France a organisé un référendum sur la départementalisation de Mayotte, tandis que des centaines de Comoriens périssent chaque année en tentant le voyage depuis Anjouan, que Paris leur interdit mais que l’ONU autorise.
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