2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Les acteurs françafricains

Congo Brazzaville

(Denis Sassou Nguesso)

Durant les trois années qui suivent l’indépendance, le pays est gouverné par l’abbé Fulbert Youlou qui verse très vite dans la corruption . En 1963, l’abbé-président doit fuir, chassé par la « révolution congolaise » provoquée par l’officier de réserve Denis Sassou Nguesso et quelques collègues. Le pays ne retrouvera jamais la démocratie.

Au grès des purges et des éliminations d’opposants supposés, le « camarade Sassou », adepte de circonstances du marxisme-léninisme, s’impose peu à peu jusqu’à sa prise de pouvoir en 1979. Pendant 12 ans, il engrangera non seulement les recettes du pétrole, contrôlées par Elf, mais aussi 6 milliards de dollars de dettes, enfonçant le peuple dans la misère, quand il ne le fait pas massacrer par son armée, transportée par les militaires français.

En 1991, l’espoir renait : une Conférence Nationale Souveraine impose multipartisme et partage du pouvoir... au point que Sassou est chassé par les urnes un an plus tard. Mais déjà, depuis le Gabon et le siège d’Elf, les réseaux françafricains s’activent pour le remettre en selle, finançant armes, miliciens et mercenaires (dont d’anciens génocidaires rwandais). Afin de ne prendre aucun risque, Elf ira jusqu’à financer les différents protagonistes de la guerre civile naissante, dont le bilan est terrifiant : massacres, viols, nettoyage ethnique...

A partir de 1997, 200 000 personnes ont vraisemblablement péri. Sans scrupules, Sassou est allé jusqu’à utiliser, en 1999, des hélicoptères ornés de logos humanitaires pour agresser la population civile... . Tous les ténors de la Françafrique se sont branchés sur le Congo, les réseaux néogaullistes et socialistes des Pasqua, Chirac et Rocard, la GLNF, les forces spéciales et les mercenaires français y ont pris leurs aises. TotalFinaElf et de grandes banques françaises (Crédit Agricole, BNP-Paribas, Société Générale) siphonnent goulument la rente pétrolière.

Aujourd’hui, Sassou Nguesso règne en maître sur un Congo ravagé et surendetté. En juillet 2009, il s’est réélu à la tête du pays, à l’issue d’une parodie d’élection avec laquelle l’Union Européenne a pris ses distances, tandis que la Françafrique dépêchait ses meilleurs « observateurs indépendants », qui s’empressèrent bien entendu de valider la mascarade.

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