2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Les acteurs françafricains

Côte d’Ivoire

(Laurent Gbagbo)

Premier président, Félix Houphouët-Boigny meurt en 1993, privant la France de son plus fidèle serviteur À force de détournements sur les exportations agricoles et l’aide publique française, il amassa l’une des plus grosses fortunes africaines, laissant en héritage une dette écrasante.

Successeur désigné, Henry Konan-Bédié utilise l’ivoirité, concept xénophobe et ethniciste, afin d’évincer son principal adversaire Alassane Ouattara. Bédié est finalement écarté du pouvoir en 1999 par des militaires qui placent à leur tête le Saint-Cyrien Robert Gueï. Au président Chirac, qui aurait souhaité soutenir Bédié, le premier ministre Jospin aurait opposé sa ligne : « ni ingérence, ni indifférence ». Gueï,devenu très impopulaire, perd les élections de 2000 dont il avait pourtant écarté Bédié et Ouattara.

A peine élu, le socialiste Laurent Gbagbo, opposant historique à Houphouët, est reconnu par la France, mais voit sa légitimité contestée et réprime dans le sang les manifestations qui réclament de nouvelles élections. Son intention de faire jouer la concurrence entre investisseurs étrangers déplait forcément au patronat français. En 2002, la droite française reprend les deux rênes du pouvoir et quelques mois plus tard, une rébellion appuyée par le Burkina échoue à le renverser mais occupe la moitié du pays.

Après avoir gelé le front en interposant l’armée française, la diplomatie chiraquienne n’aura de cesse de vouloir priver Gbagbo de ses prérogatives présidentielles. Fin 2004, une offensive aérienne de l’armée ivoirienne sur les zones rebelles provoque la mort de 9 soldats français de l’opération Licorne, et Chirac ordonne la destruction de l’aviation ivoirienne. Craignant un putsch dont la France serait complice, des manifestants envahissent les rues d’Abidjan. Suite à des exactions, les expatriés français sont évacués et l’armée française tire sur la foule, faisant plusieurs dizaines de morts.

Depuis 2007, un accord politique impose une cohabitation en attendant les élections, sans cesse repoussées depuis 2005 ! Gbagbo, Bedié et Ouattara font jouer leurs réseaux et amitiés françafricaines, de gauche et de droite, au point qu’il est difficile de présager vers qui iront les faveurs de Paris. En attendant, le français Sagem capte l’aide internationale destinée à leur organisation, tandis que les affaires du vendeur d’armes Montoya sont plus que jamais florissantes...

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