2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Les pays françafricains

Djibouti

(Ismaël Omar Guelleh)

La France a conservé cette colonie jusqu’en 1977. Le port de Djibouti est en effet un carrefour stratégique essentiel, situé entre le continent africain et le Moyen-Orient, à l’embouchure de la Mer Rouge et au terminal ferroviaire de l’approvisionnement et des exportations de l’Ethiopie. Ce minuscule territoire abrite également une base militaire française comptant encore près de 3000 soldats.

Le pouvoir se trouve actuellement aux mains d’Ismaël Omar Guelleh. Il a succédé à Gouled Aptidon, de l’ethnie Issa, qui avait refusé le partage du pouvoir avec les Afar proposé en 1977 par la chambre des députés. Depuis, son clan concentre tous les pouvoirs. Féroce, la répression à l’encontre des mouvements d’opposition a lieu sous l’œil des militaires français de Djibouti et avec l’appui de l’Ethiopie. Djibouti est un État policier où torture et censure sont monnaie courante, et un lieu de criminalité économique très développé. Les principales sources de revenus parallèles du régime sont le détournement de l’aide publique au développement française et européenne, et la cession des actifs de l’État : gestion des ports, de l’aéroport, des taxes d’importation. Les réseaux françafricains se sont implantés dans les secteurs d’activité rentables (jeux, importation, banques...). Enquêter sur ces réseaux occultes a probablement coûté la vie au coopérant français, le juge Borrel mystérieusement assassiné en 1995.

Djibouti, qui siégeait en 1994 au Conseil de Sécurité de l’ONU, y avait soutenu la position française sur le Rwanda...

En 1999, les "élections" portaient au pouvoir Ismaël Omar Guelleh, aussitôt félicité par Jacques Chirac.

La présence d’une base militaire US depuis 2002 a peu changé le poids de la France, qui ne condamne ni les interdictions de réunion, ni les assignations à résidence des opposants et du président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains. Malgré un score de 37%, l’opposition n’a obtenu aucun représentant à l’assemblée nationale en 2003. Vu la fraude massive et l’opacité du processus électoral, elle a boycotté les présidentielles de 2005 .

Djibouti reste un comptoir français... qu’importent alors la dictature policière, les promotions claniques, les bidouillages constitutionnels pour rester au pouvoir.

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