2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Les acteurs françafricains

Gabon

(Ali Bongo)

Le Gabon est une incarnation de la Françafrique : ressources naturelles impressionnantes (pétrole, bois, manganèse, uranium…) mais population très pauvre, affichage grossier de « stabilité démocratique », toute-puissance d’Elf (puis de Total) et de la GLNF, corruption galopante, opposition laminée et tétanisée...

Après quatre années de relative démocratie, le président qui avait été choisi par la France, Léon M’ba, fut écarté du pouvoir en douceur en 1964 par un groupe d’officiers patriotes qui confièrent aussitôt le pouvoir au principal opposant civil. Foccart, furieux d’une telle ingérence gabonaise dans les affaires du pays, envoya l’armée française réprimer dans le sang cet excès de patriotisme, et fit fabriquer a posteriori les fausses demandes d’intervention “justifiant” l’ingérence française. Le pays fut alors repris en mains par les réseaux foccartiens : nomination de conseillers français très spéciaux dans les arcanes du pouvoir, création d’une garde présidentielle cofinancée par Elf, harcelement des opposants...

Repéré par Foccart, l’ancien sous-officier de l’armée française Albert-Bernard Bongo (qui se rebaptisera Omar), est promu vice-président plénipotentiaire puis prend le pouvoir en 67, lorsque M’Ba décède d’un cancer. Il le conservera pendant 42 ans, côtoyant tous les présidents de la Vème République française et livrant les ressources du pays à tous les appétits de son clan et de ses amis françafricains, des partis politiques français aux groupes industriels (Elf puis Total, Bolloré, les forestiers Rougier et Danzer, etc.).

Sa mort en juin 2009 sera l’occasion de rassembler à son enterrement ceux qui bénéficièrent de ses largesses, alors même que la justice française venait de considérer comme recevable la plainte contre lui dans l’affaire des Biens Mal Acquis. Soutenu par d’officieux émissaires français , son fils Ali Bongo a endossé en septembre 2009 les costumes de son père, grâce à un coup d’État électoral validé par la France : chef d’État, Grand Maître de la Grande Loge Nationale du Gabon... et bien sûr « ami de la France  ».

Le peuple gabonais, furieux et désespéré, ne s’y est d’ailleurs pas trompé en s’en prenant aux intérêts économiques et diplomatiques français, notamment les installations de Total et le consulat de France de la ville pétrolière de Port-Gentil.

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