
Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...
Ancienne plaque tournante du trafic d’esclaves dans le golfe de Guinée, sous domination portugaise puis espagnole, la Guinée-Equatoriale devient indépendante en 1968.
Le premier président du pays, Francisco Macias Nguema instaure rapidement un régime de parti unique et s’autoproclame président à vie. La répression implacable dont sont victimes ses opposants fait environ 50000 morts et disparus, et pousse plus de 100 000 équato-guinéens à quitter leur pays. Obnubilé par la sécurité intérieure, l’État délaisse les services de bases et l’entretien des infrastructures et l’économie s’effondre.
En 1979, le dictateur Macias est renversé par son neveu Teodoro Obiang Nguema, ancien chef de la principale prison du pays, soutenu par le Gabon voisin. Il fait juger et exécuter Macias et se fait nommer à la présidence par un Conseil suprême militaire créé pour l’occasion. Face aux difficultés économiques du pays, Obiang fait le choix de rentrer dans le moule françafricain en rejoignant la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) et en adoptant le franc CFA en 1984.
Cette nouvelle orientation françafricaine se traduit notament par le soutien à Sassou Nguesso dans la guerre civile au Congo-B. Elle permet par ailleurs au régime de bénéficier de la protection d’« investisseurs » français très spéciaux comme l’incontournable Elf. Le système de corruption et de trafics en tous genres (drogue, armes, déchets...) s’intensifie, tout comme le népotisme et la fraude électorale qui a récemment permis au dictateur Teodoro Obiang de se faire réélire avec 96% des voix !
Quant à la France, qui continue d’armer et d’instruire la police politique, elle a refusé par la voix du parquet de Paris, que soit examinée une plainte déposée pour la seconde fois dans le cadre de l’enquête sur les « Biens Mal Acquis » contre le président Obiang et son fils...
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