
Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...
La décolonisation malgache est marquée par l’insurrection de 1947 dont la répression impitoyable par la France fera plusieurs milliers de morts. Le pays accède à l’indépendance en 1960, sous la houlette de Tsiranana, président dévoué à la France, dont les dérives autoritaires entraineront la chute en 1972.
En 1975, le populaire Ratsimandrava arrive au pouvoir en proposant l’instauration d’un socialisme malgache, ce qui ne plait ni aux soviétiques, ni aux occidentaux partisans du libéralisme. Il est assassiné une semaine après sa prise de fonctions. C’est finalement un militaire formé en France qui accède à la présidence. L’amiral Ratsiraka cède dans un premier temps à la mode du marxisme. Artisan de la rupture des accords de coopération avec la France et de la sortie du franc CFA en tant que ministre des Affaires étrangères du gouvernement précédent, il affirme sa volonté de rompre avec « le passé néo-colonial » de l’ile. Mais sa politique de nationalisations doublée d’un contrôle total de l’information ne suffira pas à compenser une politique d’éducation et de santé catastrophique. Chassé par les urnes en 1992, il est réélu contre toute attente en 1997.
Surprise, le « nouveau » Ratsiraka est devenu miraculeusement francophile : son pays organise les jeux de la francophonie et le français (délaissé au profit du malgache) fait son grand retour dans l’enseignement. Mais sa politique reste marquée par une corruption endémique. Fin 2001, les élections portent au pouvoir Marc Ravalomanana. Ratsiraka refuse la défaite et engage un bras de fer qui paralyse le pays, jusqu’à ce qu’il renonce et fuie vers la France en juillet 2002. Débutent alors les années Ravalomanana, marquées par une relative émancipation de la tutelle française et un libéralisme débridé. Celui-ci culmine avec le projet (suspendu depuis) de « location » pour 99 ans de la moitié des terres cultivables de l’île à la société Sud-Coréenne Daewoo.
De plus en plus impopulaire, Ravalomanana est renversé début 2009 par le maire de la capitale Andry Rajoelina qui s’autoproclame président. Alors que la communauté internationale se divise sur les éventuelles sanctions à prendre, la France se précipite pour reconnaître et soutenir le nouveau président par l’intermédiaire du très françafricain tandem Guéant-Bourgi.
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