2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Les acteurs françafricains

Mali

(Amadou Toumani Touré)

Le Mali est un cas atypique au regard des pays de la Françafrique. Son premier président Modibo Keïta fut un fervent promoteur de l’unité africaine au lendemain des indépendances, mais les divergences de vues entre les nouveaux Etats africains, attisées par la France, l’empêcheront de mener à bien son projet.

Face aux difficultés économiques croissantes rencontrées par sa politique socialiste et à la crispation du régime, Keita est renversé en 1968 par un coup d’Etat militaire perpétré par le général Moussa Traoré avec la bénédiction des autorités françaises. Celui-ci instaure une dictature militaire impitoyable, interdisant toute opposition. Il faudra attendre 1991 pour que les soulèvements populaires qui se multiplient soient finalement appuyés par l’armée qui renverse à son tour le général Traoré. Un comité de transition est créé, avec à sa tête le colonel Amadou Toumani Touré (ATT). Fait exceptionnel en Afrique, ce militaire organise des élections démocratiques et remet le pouvoir à un civil, Alpha Oumar Konaré.

A l’issue des deux mandats autorisés par la Constitution, celui-ci se retire, créant là aussi un précédent malheureusement trop rare dans cette région. L’ancien putschiste ATT, auréolé de sa réputation de « soldat de la démocratie » acquise lors de la transition de 1992, lui succède alors à l’issue d’élections également considérées comme transparentes. Cependant, alors qu’il affirme vouloir se retirer à l’issue de son deuxième mandat, le caractère démocratique du régime d’ATT est à relativiser.

Sa présidence est en effet émaillée d’affaires de corruption à grande échelle impliquant des proches du pouvoir, mais également par des intimidations contre des journalistes et des leaders syndicaux. Des fraudes ont également été dénoncées en 2007 lors de sa réélection dès le premier tour avec 71,20 % des voix. Enfin, le bilan économique est accablant. Le Mali demeure l’un des pays les plus pauvres du monde, rongé par une corruption endémique et incapable d’assurer la fourniture des services de base malgré des richesses minières qui en font l’un des principaux producteurs d’or de la région.

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