2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Les acteurs françafricains

Maroc

(Mohammed VI)

Dès l’indépendance, en 1956, la monarchie chérifienne du Maroc a été en bons termes avec la France, et ses rois très proches des dirigeants français. Le Maroc du dictateur Hassan II était une plaque tournante de la Françafrique : envoi de commandos pour soutenir Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville lors de la guerre civile, d’instructeurs pour former les milices Cobras de ce dernier ; soutien des services marocains à la rébellion angolaise de Jonas Savimbi (l’Unita)… En retour, Hassan II vit son principal opposant, Medhi Ben Barka, être opportunément enlevé à Paris en 1965, avec l’appui des services français.

À la mort d’Hassan II en 1999, le pouvoir échoit au jeune Mohammed VI, avec qui la démocratisation annoncée se limite à une simple réforme du code de la famille. En effet, il maintient un régime autoritaire : arrestations, emprisonnements arbitraires et tortures sont monnaie courante pour les auteurs de critiques à l’encontre de la famille royale, les journalistes, les syndicalistes, les militants des droits de l’Homme, les leaders de mouvements sociaux... et bien sûr les militants du Sahara occidental qui réclament le droit à l’autodétermination sur la question de l’indépendance depuis 1974.

Depuis le début des années 2000, le Maroc s’ouvre largement aux capitaux étrangers (agro business, immobilier, industries du tourisme, de l’automobile, de la pêche) et brade ses biens publics (ressources minières, eau, télécomunications, électricité). Dès 2007, le nouveau président Sarkozy se rend au Maroc : au cours de cette visite, 3 milliards d’Euros de contrats sont signés avec des entreprises françaises !

Les fruits de cette politique ultra-libérale ne profitent qu’à une petite partie de la population marocaine, souvent proche de la famille royale, au mépris des populations qui se paupérisent. L’accès à l’éducation et aux soins reste réservé à une minorité , et le pays est régulièrement secoué par des manifestations et émeutes populaires.

Le Maroc est un partenaire privilégié de l’Union Européenne (statut avancé accordé en 2008, accord de libre-échange prévu pour 2012). Il assure notamment la fonction de gendarme de l’immigration en refoulant massivement, au mépris des droits de l’homme, les migrants sub-sahariens et maghrébins qui tentent de rejoindre l’Europe.

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