
Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...
La Mauritanie est une création française, visant à amputer les ambitions chérifiennes d’un « Grand Maroc » et à priver de territoires le projet de fédération du Mali.
En 1960, l’ex-colonisateur place à la tête du pays un affidé, Moktar Ould Daddah. Toutefois, celui-ci s’aligne petit à petit sur le nationalisme croissant dans le pays et s’éloigne de la France : sortie du Franc CFA et annulation des accords de coopération en 1973, re-nationalisation des mines de fer en 1974...
Toutefois, engagée contre le Front Polisario dans la conquête d’une partie du Sahara Occidental, la Mauritanie fait appel à la France, qui l’appuie par l’opération aérienne « Lamentin » de 1977 à 1980, tout en acquiesçant au renversement d’Ould Daddah en 1978.
En 1984, un séjour du chef d’Etat-major de l’armée française et du responsable de la Cellule africaine de l’Elysée précède d’à peine une semaine un nouveau putsch en faveur de Maaouiya Ould Taya. Pendant ses 21 ans au pouvoir, il peut compter sur le soutien de l’Élysée, qui va jusqu’à exfiltrer des tortionnaires mauritaniens jugés en France. Il est finalement renversé en 2005 par des piliers du régime qui initient un processus démocratique tout en restant aux postes clés de l’Etat.
Mais, menacés par la politique d’intérêt général du président légitimement élu en 2007, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, ils décident en 2008 de le renverser. Dans un pays touché par un terrorisme islamiste aux motivations complexes, l’ensemble de l’appareil d’État français s’engage alors dans la légitimation du putsch, couronnée par l’élection caricaturale de Mohamed Ould Abdel Aziz en 2009. L’ex-putschiste est désormais un président ami de la France, dont les affaires fleurissent en Mauritanie : Total, Gaz de France et Areva ont rejoint Pizzorno Environnement (déchets), Accor (hôtellerie), Vivendi (téléphonie) ou encore la Compagnie Fruitière (fruits et légumes bio pour l’Europe). Mais la pêche reste une ressource majeure du pays.
Ses eaux, parmi les plus poissonneuses au monde, attisent les intérêts des industriels, tels Jean-Christophe Mitterrand ou André Guelfi, alias « Dédé la Sardine ». Ce dernier est célèbre pour avoir escroqué l’État mauritanien, creusant sa dette publique au point qu’il dut ouvrir ses eaux aux flottes étrangères, qui finissent d’épuiser les stocks halieutiques.
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