2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Les acteurs françafricains

Niger

(Transition militaire : Salou Djibo)

Dès la fin des années 50, la France tente de garder la mainmise sur le Sahara et ses richesses, en créant l’éphémère Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Dès lors, le rôle stratégique de son sous-sol ne se démentira plus dans l’histoire du Niger, indépendant depuis 1960 : les changements de présidents seront fortement liés à leur positionnement sur la question de l’uranium.

Diori Hamani, le premier président, est opportunément renversé en 1974 lorsqu’il tente de renégocier avec la France le prix de l’uranium extrait par la Cogema. Le général putchiste Seyni Kountché régnera ensuite d’une main de fer sur le pays jusqu’à sa mort, en 1987, laissant un bien piètre bilan : faible recul de la pauvreté, détournement massif de l’aide, flicage et répression.

Les années 1990 sont marquées par une grande instabilité politique, l’émergence de la rébellion touarègue et le niveau de vie de plus en plus catastrophique de la population. En 1996, le général Baré prend le pouvoir à la faveur d’un coup d’État cautionné par la France. Il est assassiné trois ans plus tard par des officiers qui rendront le pouvoir aux civils... après avoir pillé les caisses de l’État.

Mamadou Tandja, un ancien militaire ayant participé au renversement d’Hamani Diori, est alors élu en 1999. Pendant dix ans, le pays fait figure d’exemple de démocratie, et ce malgré une forte corruption et une nouvelle rébellion au Nord de 2007 à 2009. Mais au crépuscule de son deuxième et dernier mandat possible, en 2009, Tandja tombe le masque : il change la constitution pour rester au pouvoir et continuer à s’accaparer la rente de l’uranium. Car le minerai est lucratif : à la faveur du boom de l’uranium, son prix a été renégocié avec Areva et les permis d’exploration sont octroyés à tout va, notamment via les fils Tandja. L’état français, actionnaire majoritaire d’Areva, ferme les yeux sur cette dérive dictatoriale pour ne pas menacer son « indépendance énergétique »...

Mais début 2010, un groupe d’officiers le renversent, en prétendant à nouveau restaurer la démocratie. L’avenir dira si le peuple nigérien a eu raison d’accueillir cette nouvelle avec enthousiasme. La France, discrète dans cette affaire, s’est déjà précipitée à Niamey pour s’assurer que les contrats d’exploitation d’uranium ne seront pas remis en cause.

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