2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Les acteurs françafricains

République Démocratique du Congo

(Joseph Kabila)

En 1960, le « Congo belge » accède à l’indépendance sous la houlette du charismatique Patrice Lumumba, dont les tendances socialistes suscitent la méfiance des occidentaux. Isolé et affaibli par la sécession de riches provinces minières, il demande vainement l’aide de l’ONU puis de l’URSS pour réunifier le Congo. Les États-Unis, la Belgique et la France incitent alors son chef d’état major Joseph-Désiré Mobutu à l’éliminer puis, cette fois avec le soutien de l’ONU, à reconquérir tout le territoire.

1971 marque le début de la Zaïrianisation : Mobutu change son nom, celui du pays, de son fleuve, de sa monnaie... et nationalise des entreprises en 1974. Cela n’empêche pas la France de le soutenir, jusqu’à envoyer en 1978 les paras massacrer des insurgés à Kolwezy. Mais le régime s’enfonce dans la mégalomanie et l’économie périclite.

Au début des années 90, le richissime Mobutu est infréquentable, mais la France appuie sa réhabilitation internationale et en fait une pièce centrale de son soutien aux génocidaires rwandais. Malgré le soutien de Paris et de ses alliés françafricains (dont les ex-génocidaires rwandais), Mobutu est renversé en 1997 par la rébellion de Laurent Désiré Kabila, soutenue par l’Angola, l’Ouganda et le Rwanda. Mais Kabila, pourtant considéré comme la « marionnette de Kigali », soupçonne ses alliés Tutsi suite à une tentative de putsch. Il se retourne alors contre eux et attise le racisme anti-Tutsi.

Cette hostilité nouvelle envers le Rwanda anglophone fait de lui un partenaire de la France à compter de 1998. Depuis son assassinat en 2001, son fils Joseph est au pouvoir. Mais il n’a ni restauré l’État, ni redressé une économie étouffée par une dette extérieure colossale (héritage des colons belges et du clan Mobutu), et la guerre continue de ravager l’Est du pays, livré à une multitude de micro rébellions depuis l’afflux d’ex-génocidaires rwandais en 1994. L’énorme appétit de matières premières de la Chine a rendu dérisoire la compétition avec les intérêts anglo-saxons : comme l’a montré la visite de Nicolas Sarkozy début 2009, la diplomatie française a changé de cap, reniant au passage ses ex-alliés génocidaires, misant tout sur ses intérêts industriels. Avec le récent rapprochement franco-rwandais, condition sine qua non de son « retour » dans la région, elle parait prête à passer à la vitesse supérieure.

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