2010 année de l'Afrique

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...

Les pays françafricains

Sénégal

(Abdoulaye Wade)

En 1960, le Sénégal accède à l’indépendance avec une constitution bicéphale. En décembre 1962, L.S. Senghor écarte Mamadou Dia, Président du Conseil, et le ministre Valdiodio Ndiaye, partisans d’une vision réformiste des relations avec l’ancienne métropole. Il aura pour ce faire le soutien de l’armée française.

Le pays revêt une importance stratégique pour le maintien de l’influence de la France dans l’ancienne A.O.F. Il abritait d’ailleurs jusqu’à tout récemment une des principales bases militaires françaises du continent.

Présenté par l’Occident comme un exemple de démocratie en Afrique, le pays n’a pourtant connu aucune alternance durant 40 ans. L’homme fort de la politique sénégalaise de 1960 à 1990, Jean Collin (successivement patron des services spéciaux, ministre de l’Intérieur…), a appliqué à la néocolonie le modèle présidentialiste gaulliste. Le président Senghor, proche de De Gaulle et ami intime de Pompidou, fut en outre un acteur important de l’influence de l’ancienne métropole. Quant à son successeur, Abdou Diouf, il préside l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) qui assure une fonction centrale du système néocolonial : la promotion de l’influence linguistique et culturelle française.

L’an 2000 a vu arriver au pouvoir Abdoulaye Wade, bien connu des services françafricains, bénéficiant de soutiens fragiles mais toujours maintenu sous perfusion afin de servir de vitrine démocratique. Et qui tente aujourd’hui d’imposer son fils Karim Wade comme successeur...

Paradis de Bouygues, de Bolloré, d’Orange, des industries de pêche européennes et du détournement de l’aide au développement, le Sénégal connait des réseaux très étendus (Chirac, Pasqua, J-C Mitterrand, ...). Ses figures sont actives sur tout le continent, tel Pierre Aïm, ancien patron de Saga, société accréditée Défense transporteur du matériel militaire des bases françaises, ami et intermédiaire des dictateurs Idriss Déby et Sassou Nguesso.

Malgré des rapprochements avec les Émirats Arabes, les États-Unis, la Chine, ou le Maroc, et l’annonce de la fermeture de la base française, Paris reste un partenaire privilégié d’une élite qui n’a d’autre préoccupation que ses intérêts propres, au détriment de la population qui subit les conséquences de 50 ans de politique en faveur d’intérêts étrangers et la régression généralisée de ses structures sociales et éducatives.

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