
Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...
Tombalbaye, Habré ou Déby, les principaux dictateurs que le Tchad a connus ont toujours été soutenus par la France... jusqu’à ce qu’ils aient cessé de plaire. Le Tchad constitue en effet un point central dans le dispositif militaire français en Afrique. Les 1200 soldats français du dispositif Épervier n’ont pas officiellement le statut de base militaire, mais celui d’opération extérieure (opex) provisoire depuis... 1986.
Depuis un putsch militaire cornaqué par la DGSE en 1990, c’est l’armée française qui porte l’armée tchadienne à bout de bras et assure la sécurité d’un dictateur qui règne par la terreur. Les forces tchadiennes ont également été utilisées comme force supplétives par l’armée française dans d’autres pays (Congo, Zaïre, Centrafrique...), où elles ont commis les pires exactions.
La France s’est aussi occupée de fournir un vernis démocratique au régime en co-organisant les élections truquées qui ont systématiquement reconduit Déby au pouvoir. Ce dernier a d’ailleurs toujours été reçu à l’Élysée.
La récente exploitation pétrolière a été bradée à des compagnies américaines ou malaisiennes. Les intérêts français sont néanmoins présents en amont et en aval de cette exploitation, comme dans d’autres secteurs de l’économie. Par ailleurs, une part importante des ressources pétrolières est dilapidée en achat d’armes... françaises, la France poussant le régime dans une logique de guerre sans fin. Le régime autocratique et prédateur de Déby suscite en effet de multiples rebellions, parfois issues de sa propre famille. En 2006, l’une d’elle a été accueillie à N’Djamenah par un tir de rafale français.
En février 2008, c’est à nouveau l’armée française qui a sauvé le régime d’une importante offensive des rebellions, notamment en sécurisant l’aéroport d’où décollaient les mercenaires au service de Déby, sous couvert de protéger ses ressortissants. Déby profita de l’offensive pour faire enlever 3 de ses opposants, dont l’un d’eux, Ibni Oumar Mahamat Saleh, est toujours porté disparu sans que cela n’émeuve la diplomatie française. Parallèlement, la France tentait de camoufler la présence militaire tricolore sous un manteau européen en déclenchant l’opération Eufor, qui a conforté le régime de Déby sans changer les données de la crise politico-militaire du pays.
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