
Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...
Le Togo, ex-colonie allemande placée sous tutelle française après l’armistice de 1918, se dote en 1960 d’un président démocrate et populaire : Sylvanus Olympio. Mais sa volonté d’affranchir son pays de l’influence française, notamment en abandonnant le Franc CFA et en œuvrant à l’unité africaine, lui coûtera la vie.
En 1963, l’ambassadeur de France appuie son renversement par des sous-officiers démobilisés de « La Coloniale », dont le sergent Étienne Gnassingbe Eyadéma, qui assassine Olympio. Ce meurtre fondateur fera de lui un ami sûr de la France et de ses milieux politico-affairistes (gaullistes, néogaullistes et mitterrandiens entre autres). Jacques Foccart le promeut tout de suite « homme fort » du pays, même s’il n’accède officiellement au pouvoir qu’en 1967.
A sa mort, en 2005, 1/10e de son peuple a fui sa dictature féroce, appuyée sur une armée pléthorique qui n’hésite pas à réprimer les nombreux soulèvements populaires. Epaulé par Jeannou Lacaze (général français issu des services secrets) puis par le juriste voyou Charles Debbasch (spécialiste du bidouillage des constitutions africaines), Eyadema a fait de son pays une terre d’asile pour alliés françafricains en déroute, tels le centrafricain Patassé ou l’angolais Jonas Savimbi. Ses différentes mascarades électorales (1993, 1997 et 2003) furent à chaque fois immédiatement avalisées par Paris. Après sa mort, la fraude électorale valide le coup d’Etat perpétré par son fils Faure Gnassingbé, toujours avec l’appui de Debbasch, conseiller tellement spécial qu’il devient alors ministre du gouvernement togolais. La population, exaspérée, ne trouve comme réponse à ses protestations qu’une violente répression, provoquant 400 à 500 morts, et entrainant l’exil de dizaines de milliers de togolais.
Le Togo reste organisé autour du clan Eyadema. Assassinats politiques, incarcérations arbitraires, détournement de l’aide, accaparement de la rente du minerai de phosphate et autres trafics en tout genre caractérisent le régime, pourtant revenu en grâce sur le plan international avec la reprise de la coopération européenne
Pour l’élection présidentielle de mars 2010, tout était verrouillé pour garantir la victoire de Faure Gnassingbé, qui s’était fait livrer pour 500 000 € de matériel et d’équipements de répression policière par la France...
Mentions légales - Un site de l'association Survie, réalisé avec Spip par Deor, graphisme par Sébastien Marchal