
Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité...
Après trente années passées sous le joug de Bourguiba, les Tunisiens voient en 1987 leur premier ministre Zine El Abidine Ben Ali prétexter de l’état de santé de leur président pour prendre sa place.
La Tunisie s’illustre depuis comme un modèle d’Etat policier où l’opposition est vouée à la clandestinité, à l’exil ou au harcèlement permanent : isolement cellulaire des prisonniers politiques, flicage des ressortissants tunisiens à l’étranger, attaques judiciaires incessantes contre les organisations des Droits de l’Homme... Répression, logique clanique et clientélisme sont les maîtres mots du régime. Ce ne sont pas les habitants de la région du bassin minier de Gafsa, qui ont lancé un large mouvement social contre le népotisme local début 2008, qui diraient le contraire, si le blocus médiatique ne leur avait pas été imposé. Depuis quelques années, le clan Trabelsi, du nom de la première dame de Tunisie, fait main basse sur tous les secteurs de l’économie, annonçant le prolongement de ce régime autoritaire et liberticide.
De son côté, Nicolas Sarkozy annonce que l’ « espace des libertés progresse en Tunisie » et rend hommage à la « lutte déterminée contre le terrorisme qui est le véritable ennemi de la démocratie ». Le chemin était tracé par Jacques Chirac qui en 2004 se félicitait du « miracle tunisien » et lavait de tout soupçon son ami Ben Ali en déclarant que « le premier des droits de l’Homme, c’est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat ».
Fermant les yeux sur la férocité du régime dictatorial, la diplomatie française vante à l’envi ce pôle de stabilité au Maghreb, notamment en vue du projet d’Union pour la Méditerrannée. Cette incroyable complicité constitue la monnaie d’échange des intérêts de la France, qui cumule les titres de premier fournisseur, premier client et premier investisseur de la Tunisie, avec laquelle elle a également signé un accord de coopération sur l’énergie civile nucléaire, pour le plus grand bonheur d’Areva... Ce n’est donc pas la « réélection » de Ben Ali pour son cinquième mandat en octobre 2009 qui viendra entacher ces relations « excellentes » et « privilégiées ».
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